Recette de culture pour la daphnie  japonaise (Moina macrocopa

Les Moinas sont plus faciles Ă  cultiver Ă  l’intĂ©rieur que les daphnies ordinaires : elles demandent des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es ; elles supportent jusqu’à 30°, avec un optimum Ă  25°. Plus petites que les autres espèces (1-2 mm), elles se prĂŞtent bien au nourrissage des jeunes poissons et peuvent constituer un substitut aux artemias (1). De plus, les poissons nourris avec des moinas ne deviennent pas obèses, comme c’est le cas avec ceux qu’on alimente exclusivement avec des artemias. Ce problème est particulièrement crucial avec les espèces de très petite taille qu’on ne peut pas nourrir avec les nourritures sèches habituelles. La moina est gĂ©nĂ©ralement très bien acceptĂ©e, ce qui n’est pas toujours le cas des daphnies indigènes, et elle tient longtemps dans l’aquarium, mĂŞme avec un ph très bas, aux environs de 4. A la diffĂ©rence de la daphnie, la moina se dĂ©place horizontalement plutĂ´t que verticalement dans l’eau.

 L’élevage 

L’élevage se fait dans des rĂ©cipents plus larges que hauts, des bols, des boĂ®tes de substrat pour sol rĂ©utilisĂ©es ou tout autre rĂ©cipent domestique d’un volume de 3 Ă  4 litres. Il faut toujours tenir plusieurs cultures en parallèle pour avoir une rĂ©colte suffisante et disposer d’une production de rĂ©serve (et d’une souche de secours) en cas de mortalitĂ© dans un rĂ©cipent, habituellement due Ă  un excès de nourriture. La hauteur d’eau ne doit pas ĂŞtre supĂ©rieure Ă  15 cm, les populations de moina « se perdent Â» dans les rĂ©cipients trop grands.. La production est cyclique, il y a toujours des moments de reproduction en abondance et des moments oĂą celle-ci est moindre. 

L’extinction d’une culture se produit le plus souvent par manque d’oxygène dissous, lui mĂŞme causĂ© par la dĂ©composition d’un excès de nourriture par les bactĂ©ries qui consomment tout l’oxygène du milieu, ou par une surchauffe, c’est pourquoi il faut maintenir la tempĂ©rature en desous de 30°.  

 Les moinas supportent une large gamme de tempĂ©rature entre 0 et 30 degrĂ©s mais la production est optimale Ă  28°. En dessous de 15°, la reproduction est pratiquement arrĂŞtĂ©e. 

Sans lumière, la culture des moinas n’est pas très productive, pour ma part, je place les rĂ©cipients sur l’appui de fenĂŞtre ou sous un petit nĂ©on. 

La moina est un animal filtreur qui se nourrit de bactĂ©ries, de particules en suspension dans l’eau et d’algues. Par consĂ©quent, tout ce qui dĂ©clenche des prolifĂ©rations bactĂ©riennes peut servir de nourriture. Nourrir avec du Liquifry, de la levure sèche en poudre, du Microplan ou tout autre produit comprable. Mieux vaut pas assez que trop. Le Microplan a l’avantage d’être enrichi en vitamines et de se prĂ©senter en solution prĂŞte Ă  l’emploi, qu’on peut verser en goutte, je l’utilise au dĂ©but des cultures, pour un bon dĂ©marrage. La levure sèche en poudre est la nourriture la moins chère, il suffit d’en rĂ©pandre une pincĂ©e en surface. Les moinas se rassemblent rapidement autour du point de distribution, il n’y a plus qu’à les pĂŞcher avec une tasse et les verser dans un tamis Ă  artemias Ă  mailles moyennes, en laissant les plus petites retomber dans le rĂ©cipient de culture oĂą elles grandiront et perpĂ©tueront la souche. De cette façon, la nourriture est rĂ©partie dans tout le bac et l’eau brassĂ©e, donc oxygĂ©nĂ©e. Après un nourrissage, l’eau se trouble, par l’effet de celui-ci et du brassage du « mulm Â» du fond du rĂ©cipent, qui se redĂ©posera ensuite. Au contraire de l’élevage de daphnies, il vaut mieux qu’un lĂ©ger trouble subsiste pendant une journĂ©e, c’est Ă  dire que les moinas baignent dans la nourriture. Le dĂ©lai qu’elles mettront Ă  clarifier l’eau dĂ©pend naturellement de leur nombre, selon mon expĂ©rience, quand une culture tourne bien, il vaut mieux nourrir deux fois par jour.

 

Entretien

 La culture se dĂ©roule pour le mieux quand les moinas Ă©voluent en surface, ce qui indique qu’on se trouve sur le « fil du rasoir Â» pour la teneur en oxygène dissous. Un lĂ©ger dĂ©ficit stimule la reproduction. 

Les moinas ne supportent pas l’eau neuve et les changements brusques et meurent aussitĂ´t dans ces circonstances. (NDT : comme toutes les daphnies, elle supporte aussi très mal les nitrites). Il ne faut utiliser que de l’eau vieillie de qualitĂ© constante, par exemple l’eau provenant des changements d’eau de l’aquarium. En gĂ©nĂ©ral, on ne change l’eau qu’une fois par mois, quand trop de mulm s’est accumulĂ© au fond, et jamais en totalitĂ©. C’est dans une eau teintĂ©e en orange par les dĂ©chets qu’on rĂ©alise les meilleurs rendements! Mais une culture qui tourne bien ne sent pas, l’odeur signale qu’il est urgent de nettoyer. Il ne faut pas trop nettoyer, sinon, la culture peine Ă  redemarrer, il faut toujours nourrir après un nettoyage pour retrouver un lĂ©ger trouble. 

Pour Ă©loigner les moinas lors des changements d’eau, utiliser des tamis Ă  artemias Ă  maille fine. 

Disposer d’un chauffage n’est nĂ©cessaire que si on ne dispose pas d’une pièce chauffĂ©e Ă  25° et si on veut produire ne masse. 

Les bacs de culture sont en gĂ©nĂ©ral nus, mais certains y mettent quelques brin de Ceratophyllum Demersum, ce qui amĂ©liore la stabilitĂ© des paramètres du milieu et la qualitĂ© de l’eau. En laissant aussi un brin de ceratophylle toujours tremper dans la tasse de capture, on provoque le dĂ©veloppement d’algues qui servent aussi de nourriture aux moinas. 

La daphnie japonaise est une nourriture idĂ©ale pour sa simplicitĂ© de culture, sa tolĂ©rance des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es, son pouvoir de multiplication. Elle est toujours volontiers et n’a pas son pareil pour « remettre sur pied Â» un poisson amaigri. 

(1)     NDT : d’après D. Jeandel (cercle aquariophile de Nancy), Moina macrocopa adulte mesure entre 700 et 1000 µm,  elle est donc plus grosse que les nauplies d'ArtĂ©mias. La jeune Moina mesure 400 µm, elle est donc plus petite que les nauplies d'artĂ©mias qui mesurent Ă  la naissance environ 500 µm. 

Merci au Traducteur :

Hugues Van Bésien

CIL FRANCE

Mai 2005